Année : 1982
Genre : Revoyons la scène au ralenti.

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Aujourd'hui, nous nous attaquons à une petite madeleine de Proust, une série culte aussi bien au Japon qu'en France, j'ai nommé Uchû keiji Gyaban, plus connu dans l'hexagone sous le nom de X-Or.


X-Argent aurait pourtant été plus approprié.

Nous sommes en 1983 et si les jeunes français ont déjà connu plusieurs dessins animés made in Archipel (Candy, Goldorak, Albator, Princesse Saphir, Maya L'Abeille...), les séries live leur sont encore inconnues, à l'exception de San Ku Kai et de Spectreman, deux séries des années 70 dont on aura surtout retenu l'aspect terriblement kitsch et cheap (Particulièrement Spectreman, diffusé en France ... plus de 10 ans après sa création!). Imaginez donc le choc que ce fut pour eux quand ils allumèrent leur téléviseur sur la deuxième des trois seules chaînes que l'on captait à l'époque pour jeter un œil à cette nouvelle série jeunesse au titre énigmatique de "X-Or" et se retrouver face, non pas à un dessin-animé comme ils en avaient l'habitude, mais à un feuilleton avec de vrais acteurs, des monstres extra-terrestres, des machines futuristes, des combats dans un univers parallèle psychédélique et un héros à l'armure high-tech, sorte d'Iron Man version soleil levant. X-Or était vraiment quelque chose de jamais-vu et qui allait marquer toute une génération.


Retour à une époque où j'étais tout petit.

Car derrière les apparences d'un scénario basique (un policier de l'espace aidé d'un équipement futuriste défend la Terre contre de malfaisants malfaiteurs extra-terrestres), X-Or bénéficie d'une intrigue fil rouge basée sur la recherche par le héros de son père disparu, de méchants charismatiques et inquiétants, loin des gugusses plus bêtes que méchants que l'on croise trop souvent dans les séries jeunesses, et de machines sophistiqués au design parfaitement crédible. Bien sûr, les effets spéciaux ont pris un sérieux coup de vieux et quand on revoit la série avec un regard d'adulte, il est difficile de garder son sérieux devant les câbles bien visibles, les incrustations bancales, le néon censé figurer l'épée laser du héros, ou les monstres de la semaine qui ne sont que des cascadeurs en costume caoutchouteux bardé de fermetures éclairs et de coutures apparentes.


Un combat dans un décor peint, une des caractéristiques visuelles de la série.


Descend de mon OVNI, je ne prends pas d'astrostoppeurs.


Il va pleuvoir, les planètes volent bas.


De nombreuses scènes sont représentées par des illustrations de toute beauté.


Certes, il y a des exceptions.


Un aquarium au premier plan, et hop ! On est dans un palais sous les mers.

La série souffre malheureusement d'un certain sexisme. Mimi, Marine et Tsukiko, les partenaires féminines de Gyaban, brillent plus par leur superficialité que par leur combativité et sont trop souvent réduites à jouer les potiches ou les demoiselles en détresse. Et dans le camp du mal, ce n'est guère mieux: les seuls personnages féminins récurrents sont une femme oiseau à la personnalité d'animal de compagnie, un croisement improbable entre une fourmi et un crocodile au rôle essentiellement décoratif, et une vieille sorcière jouée par un homme. Seules quelques adversaires éphémères relèvent le niveau le temps d'un épisode, telles la regrettée Machiko Soga en Mitsubachi Doubler ou l'ambivalente Monica. Les volets suivants des Uchû keiji corrigeront heureusement le tir avec des personnages comme Lily, Helen et surtout, l'inoubliable Annie. Mais ceci est une autre histoire.


Mimi, Marine et Tsukiko : Soyez belles et taisez-vous.


La fifille !


Le pire crime de ces méchantes-là est d'ordre cosmétique.

En passant à la VF, Gyaban aura connu son lot de modifications. Comme la quasi-totalité des séries japonaises de l'époque, les noms japonais, jugés trop exotiques pour les spectateurs français, sont remplacés par d'autres ... encore plus exotiques! Ainsi, Gyaban (un hommage à l'acteur Français Jean Gabin, très apprécié au Japon), se nomme désormais X-Or (les fans français débattent encore aujourd'hui sur comment les traducteurs ont bien pu trouver un nom pareil), sa partenaire Mimi devient Bimi, ses ennemis jurés, l'organisation Makû, deviennent les C-Rex et leur chef, Don Horror, est rebaptisé Louis BMX XI (Et pourquoi pas Henri TGV IV, pendant qu'on y est ?) De même, Bird, la planète d'origine des policiers de l'espace hérite du nom poétique de Planète des Oiseaux, ce qui ne l'empêche pas de changer de nom selon les épisodes. Curieusement, de nombreux personnages secondaires conservent leur nom d'origine : Kom, Tsukiko, Wakaba, Kojirô ...


Gyaban : le roi du déguisement.


Pour les besoins d'une mission, Gyaban et sa partenaire Mimi se déguisent en personnages du célèbre conte japonais d'Urashima Taros.


Un soldat de Makû grimé en asiatique grimé en africain. On y croit à mort.

Il n'y a cependant pas que les patronymes qui changent en VF, mais aussi des pans entiers du scénario: Louis BMX XI est d'abord décrit comme un ordinateur, un frère et sa sœur deviennent un père et sa fille, les fantômes d'ennemis tués par le héros qui viennent le hanter dans l'épisode 36 sont désormais présentés comme de futurs adversaires, le héros en civil est parfois appelé "X-Or" par des personnes qui ne sont pas censées connaître sa double-identité, etc. L'adaptation française est même allée jusqu'à supprimer les scènes où des textes japonais apparaissaient à l'écran: titres d'épisodes, noms des personnages, certaines pancartes et même une courte scène de l'épisode 16 où deux personnages parlaient une langue inconnue sous-titrée.


Et donc, merci à la VF d'avoir supprimé le premier indice que ces personnages n'étaient pas terriens.


De même, la première apparition du vaisseau-mère Makû est perdue à la traduction.

Un autre sujet de rouspétance des fans français: la disparition des chansons japonaises pendant les épisodes, remplacées par le générique français composé par Antoine De Caunes sous le pseudonyme de Paul Persavon et interprété par le Peter de Peter & Sloane. Ce ne serait toutefois pas trop gênant si cela ne s'accompagnait pas par la suppression des bruitages pendant ces passages, engendrant trois cas de figures : 1°) Pas de bruitage du tout, 2°) On remplace par un bruitage inapproprié fait maison (ce n'est pas du niveau de la célèbre scène bruitée à la bouche de La cité de la peur, mais presque), 3°) On remet le bruitage d'origine accompagné d'un fragment de la musique qui passait au même moment pour un résultat auditif des plus incongrus.


Pas de panique, si Indiana Jones a pu échapper à ce piège, je dois pouvoir y arriver aussi.


Ah, la fameuse scène de transformation repassée au ralenti.

La VF aura quand même apporté une petite innovation qui aura contribué au charme de la série: alors qu'en VO les combats sont pratiquement muets sauf quand le héros nomme ses attaques, il devient pour les français un personnage bavard et narquois qui ponctue ses batailles de bons mots à deux centimes d'Euro comme le ferait Spider-Man.


Festival Kojirô, le sidekick comique commun aux trois volets des Uchû keijis.


The ambiguously gay sidekick.


Un petit sourire, mademoiselle !


Satyyyyyyyre !!!!

Néanmoins, à cause de mon côté puriste, le reste de ce dossier va se concentrer sur la version japonaise. Concernant l'histoire, la série Uchû keiji Gyaban se divise en trois parties distinctes dont la transition est marquée par des épisodes en deux parties.


Il suffit de 44 épisodes à Gyaban pour anéantir l'organisation Makû. Revoyons la série au ralenti.



PARTIE 1 – BEM Monsters et Doublemen (Episodes 1-12)


Depuis le Makûjô, leur base spatiale flottant dans le Makû Kûkan, une dimension "pareille à un trou noir", l'organisation criminelle Makû dirigée par Don Horror envisage d'étendre ses activités à la planète Terre.


Le Makûjô, caché dans un trou noir plutôt bleu et rouge.


Don Horror, le chef de Makû, avec sa secrétaire (sic) Horror Girl sur ses genoux.


Cui, cui, cui, cui, cui ! Cherchez pas, ce doit être atavique.

Pour contrer leurs projets, Kom, le directeur de la police de l'espace basée sur la planète Bird, envoie sur Terre un de ses agents, Gyaban, le fils d'une Terrienne et de Voicer, un policier de l'espace birdien porté disparu depuis que son partenaire Hunter Killer l'a trahi pour devenir le bras droit de Don Horror. Amoureuse de Gyaban, la fille de Kom, Mimi, embarque clandestinement à bord de son vaisseau pour l'accompagner dans sa mission.


Gyaban quitte Bird pour se rendre sur Terre à bord de Dolgiran.


Son supérieur Kom le contacte via ... Heu ... Une pendule murale qui se pixellise pour devenir un écran géant?


Allez, laisse-moi venir avec toi, Gyaban, steplaît!


Le métier de policier de l'espace étant peu rémunéré ...


... Gyaban doit régulièrement emprunter de l'argent à Mimi.


Mimi n'est pas très rassurée pour sa première leçon d'équitation.

Sur Terre, où il travaille au club équestre Avalon sous l'identité de Retsu Ichijôji, Gyaban va poursuivre un double objectif: contrer les manigances de Makû et essayer de retrouver son père dont on ignore s'il est mort ou seulement prisonnier de Don Horror. Dans l'épisode 11, il reçoit un appel à l'aide qui pourrait provenir de lui mais qui est en fait une ruse de Hunter Killer pour l'éliminer. Il échappe évidemment à ce piège qui lui permet de faire la connaissance de Tsukiko Hoshino qui deviendra son alliée dans sa lutte contre Makû. Tsukiko est la fille d'un scientifique ami de Voicer qu'Hunter Killer assassina avec son épouse pour lui voler les plans d'une arme sur laquelle il travaillait pour combattre Makû. Avant de mourir, le père de Tsukiko confia sa fille à Voicer, faisant d'elle la sœur adoptive de Gyaban.


Les parents de Gyaban.


Vous noterez que la photo prouvant que Tsukiko a connu Voicer a été à peine retouchée.


Gyaban se tient au courant en lisant la presse française.


Pas toujours bien orthographiée, il est vrai. (le "L" n'existe pas dans la langue japonaise)

Chaque épisode raconte une enquête de Gyaban sur une nouvelle manigance de Makû pour s'enrichir et/ou corrompre les Terriens, suivie d'un affrontement contre ses deux adversaires de la semaine. Oui, deux, car dans cette première partie, Gyaban affronte dans chaque épisode un monstre appelé BEM Kaijû et un guerrier appelé Doubleman (A l'exception de l'épisode 9 où il affronte seulement un Doubleman).


Arrête de claquer des dents, tu vas nous faire repérer.


Bouges pas, tu as une bestiole sur l'épaule.


A table!


Fight!


Tu nous ferais pas une crise de croissance, toi?

Chaque combat suit le même déroulement. Gyaban affronte d'abord quelques sbires en civil avant de se retrouver face au BEM Kaijû et de revêtir son armure de combat, une voix off nous expliquant alors le mécanisme qui permet à Gyaban de se transformer, illustré par la scène repassée au ralenti ("Il ne faut que 5 centièmes de secondes à X-Or pour revêtir son scaphandre de combat. Revoyons la scène au ralenti."). Don Horror projette ensuite Gyaban et ses adversaires dans le Makû Kûkan où les forces des membres de Makû sont multipliées par trois. Gyaban détruit le Bem Monster à l'aide de son rayon (ou de son dragon robot Dol si son adversaire se transforme en géant), puis enchaîne avec un combat à l'épée contre un Doubleman qu'il conclue toujours par son célèbre "Gyaban dynamic", consistant à couper son adversaire en deux avec son épée laser.


Un envol majestueux d'homme-papillon.


Et un atterrissage qui l'est beaucoup moins.


Chargez! (Scène d'autant plus ridicule qu'elle s'accompagne d'un bruitage de cheval au galop)


Et maintenant, on coupe la poire en deux. (Vraie réplique de la VF)

Cette première partie pose les bases de la série et met en place le schéma récurrent de chaque épisode, ainsi que ses célèbres gimmicks comme la chorégraphie pour se transformer qu'on repasse ensuite au ralenti, ou le combat dans une autre dimension. Si les Doublemen sortent à peu près tous du même moule (D'autant plus que cinq d'entre eux sont rigoureusement identiques), les BEM Kaijûs comptent parmi les adversaires les plus réussis de la série au niveau du design (même si, comme je l'ai mentionné plus haut, ils n'échappent pas à l'aspect "acteur en costume"). La deuxième partie de la série va cependant apporter un petit changement à cette formule récurrente.


Michel Sardou avait raison: tous les bateaux s'envolent.



PARTIE 2 – Double Monsters (Episodes 13-29)


Dans l'épisode double qui inaugure cette deuxième partie, Makû enlève un savant travaillant sur un système de téléportation et l'oblige à construire une machine leur permettant de téléporter un Bem Monster et un Doubleman au même endroit pour les fusionner en une créature unique, le Double Monster (Ils ont dû voir le film La Mouche (l'original, puisque le remake de Cronenberg n'était pas encore sorti à l'époque)). Leur première création, Sai Doubler (Dont le nom signifie "Rhinocéros Doubler" mais qui ressemble plutôt à un tricératops), se révèle assez fort pour tenir tête à Gyaban qui ne parvient à le mettre en fuite que de justesse. A leur affrontement suivant, Gyaban parviendra pourtant à vaincre Sai Doubler après avoir deviné son point faible à la façon dont il tenait son bouclier.


Même une combat suit a besoin d'un contrôle technique.


Gyaban s'entraîne en démolissant des murs prédécoupés.

Ce double épisode est une réussite. Pour la première fois, Gyaban et ses alliés envisagent la possibilité qu'il puisse être tué par son adversaire et on a même droit à une séquence émotion dans laquelle le héros, avant de partir affronter une ultime fois Sai Doubler, consacre ce qui pourrait être ses derniers instants à emmener les enfants qu'il côtoie au club équestre Avalon s'amuser au zoo et au parc d'attraction. Son adversaire, Sai Doubler, bénéficie d'un très bon design d'où se dégage bien la puissance phénoménale qu'il possède. Un seul regret: sa forme humaine qui le fait ressembler à une version live de Snidely Whiplash, le méchant du dessin-animé Dudley Do-Right. La VF en rajoute même une couche en changeant inexplicablement son doubleur dans la deuxième partie, l'affublant d'une voix hautement ridicule. On regrettera quand même que si les Double Monsters suivants posent quelques difficultés à Gyaban, ils sont loin d'être aussi puissants que Sai Doubler.


Séparés à la naissance ?


Sai Doubler a un faible pour la viande bovine.


Quels tombeurs, ces Doublemen !


Et polygames, avec ça !


Pas à dire, les soldats de Makû ont vraiment une araignée au plafond.

A partir de cet épisode double, Gyaban n'affrontera plus qu'un seul ennemi par épisode, ce qui permet des combats beaucoup plus développés et élaborés. L'épisode 22 apporte même une petite amélioration. En effet, comme l'effet spécial de l'épée laser de Gyaban prenait trop de temps en post-production, ce dernier ne la sortait qu'au dernier moment et presque uniquement pour porter le coup final. Grand fan des duels au sabre laser de Star Wars, L'interprète de Gyaban, Kenji Ôba, suggéra de remplacer l'épée laser par un néon dans certaines scènes, ce qui permettait de les faire durer plus longtemps.


Si cette machine lit les souvenirs de ce garçon, pourquoi ceux-ci ne sont-ils pas en vue subjective?


Mais bon, on est dans un univers où une même caméra peut filmer simultanément sous deux angles différents, alors ...


Si, si, c'est censé être la même météorite sur ces deux images.


De la cohérence là-dedans? Mon œil!

Cette deuxième partie fourmille d'excellents épisodes. Dans le 17, Gyaban est obligé de conduire une voiture folle dont les freins ont été sabotés et qui contient une bombe à retardement (Speed n'a rien inventé). Le 18 s'inspire à la fois de l'épreuve de la pantoufle de Cendrillon et de la célèbre légende japonaise d'Urashima Taros tout en mettant en scène un ennemi presque sympathique. Dans le 19, Gyaban est traqué par Makû après que son adversaire ait endommagé son armure, la rendant inutilisable. Dans le 21, la légendaire Machiko Soga campe une des méchante les plus mémorables de la série (et accessoirement, la seule Double Monster à être tuée par Dol et non par le Gyaban dynamic). Dans le 24, Mimi est obnubilée par un cauchemar récurrent et peut-être prémonitoire dans lequel Gyaban trouve la mort face à un adversaire armée de griffes métalliques capables de trancher n'importe quoi (On pense inévitablement à Freddy Krueger ... qui n'avait pas encore été créé à l'époque!). Dans le 28, pour sauver Mimi qui a été empoisonnée, Gyaban doit affronter Monica, une tueuse ambivalente qui connaîtra une ultime rédemption avant de se sacrifier.


Un cousin caché de Wolverine?


Un cousin caché de Spider-Man?



Madame Soga, un mot pour vos fans?


Hitomi Yoshioka qui interprète Monica dans l'épisode 28 reviendra dans la série suivante, Sharivan, où elle joue la malfaisante Dr Polter.


La célèbre magicienne Tenkô Hikita joue son propre rôle dans l'épisode 29.

Cette deuxième partie, dans laquelle Uchû keiji Gyaban trouve sa formule définitive, est probablement la meilleure période de la série avec de très bons scénarii riches en suspense, des combats de plus en plus élaborés et des adversaires au design très réussi. La partie suivante conservera cette formule tout en introduisant un nouvel ennemi récurrent.


Cette flute s'autodétruire dans 5 secondes.



PARTIE 3 – San Doruba (Episodes 30-41)


Cette troisième partie va être marquée par de nombreux changements, le premier étant l'arrivée de San Doruba, le fils de Don Horror, rappelé auprès de son père pour combattre Gyaban. Hunter Killer prend mal son arrivée, la considérant comme un désaveu, et San Doruba en rajoute une couche en l'humiliant devant ses hommes. Il se venge en révélant à Gyaban la ruse que son rival veut utiliser contre lui; mais sa trahison est découverte et il est foudroyé par Don Horror qui le laisse dériver plus mort que vif dans le vide spatial.


Réunion de famille au Makûjô.


Des danseuses en cosplay de Cat's Eye.


Aaaaalleeeez, viens boire un p'tit coup au Makûjô !


Cette crâneuse de Kiba.


Ceci est un affrontement épique entre Gyaban et San Doruba (Si, si).

Ce changement de cap est quand même assez frustrant car il prive le spectateur de l'affrontement entre Gyaban et Hunter Killer auquel on était en droit de s'attendre. Encore qu'à bien y regarder, même si Hunter Killer était un brillant stratège, on ne l'aura jamais vu faire montre de la moindre aptitude au combat. Pour San Doruba, c'est plutôt l'inverse: c'est un combattant redoutable, mais arrogant, sybarite et guère intelligent, au grand désespoir de son père. Il forme cependant une équipe redoutable avec sa mère Kiba, une sorcière retorse jamais à cours d'idée quand il s'agit de mettre au point un nouveau stratagème contre Gyaban. Ces deux-là passeront d'ailleurs souvent très près de supprimer notre héros.


- Pour attirer Gyaban, je propose d'attaquer cette base spatiale.
- Bonne idée. En plus, comme on l'a déjà détruite dans le premier épisode, on n'aura qu'à recycler les stock shots.


Répète après moi: je suis un sanglier, je suis un sanglier ...


Tiens, Pif le Chien a cachetonné dans la série ?


Le professeur Tournesol aussi ?

Mais il n'y a pas que dans le camp du mal que le statu quo change. Mimi est en effet obligée de retourner sur Bird pour se rendre au chevet de sa mère malade (Il fallait justifier son absence pendant que l'actrice n'était pas disponible) tandis que Marine, l'assistante de Kom, prend sa place auprès de Gyaban.


C'est l'agence d'Intérim qui m'envoie.


Durant sa première rencontre avec San Doruba, Gyaban bénéficie de l'aide d'un autre policier de l'espace, Alan.


Le cheval de manège, c'est le transport de demain.

L'arrivée de San Doruba et de Kiba ne dynamise malheureusement guère la série qui commence à montrer les signes d'un certain essoufflement, particulièrement visible dans le design des Double Monsters qui deviennent de plus en plus génériques et interchangeables. Cela n'empêche heureusement pas quelques très bons moments, comme l'épisode 39 qui est un chef-d'œuvre de suspense. Les hommes de Makû y prennent une famille en otage afin d'utiliser leur maison comme base pour un attentat contre Gyaban. La tension monte à mesure qu'échouent les tentatives de leurs prisonniers pour s'échapper ou appeler à l'aide, jusqu'à ce que l'attentat échoue finalement grâce à un coup de théâtre que je vous laisse découvrir.


Dites, vous allez rire, mais je crois bien qu'on a oublié la notice d'assemblage du fusil.


- Je peux goûter?
- Essaye seulement et tu sauras s'il y a une vie après la mort.


En joue ...

Une troisième partie un peu décevante, donc. Même s'ils ont du potentiel, San Doruba et Kiba ne valent pas Hunter Killer et la série commence vraiment à ronronner. Heureusement, elle se réveillera avec un final mené tambour battant.


Aucun immeuble n'a été violenté durant le tournage.



EPILOGUE – Retrouvailles avec Voicer (Episodes 42-44)


Sa mère guérie, Mimi retourne auprès de Gyaban avec d'excellentes nouvelles: Hunter Killer a été retrouvé par la police de l'espace et ceux-ci sont en train de l'interroger (Ce dernier devait quand même être particulièrement coriace pour survivre aussi longtemps dans le vide spatial sans air, ni eau, ni nourriture). Avant de succomber à ses blessures (OK, j'ai rien dit), Hunter Killer révèle que Voicer, le père de Gyaban, est toujours vivant et détenu par Makû qui cherche à lui arracher un secret que lui a confié le professeur Hoshino et qui leur est indispensable pour faire fonctionner l'arme qu'ils ont volé à ce dernier (Vous vous en souvenez? On en avait parlé dans la première partie).


Je ne comprends pas que Don Horror l'ait si mal pris. Après tout, j'ai juste fait mon travail de traitre.


Il y a un bateau à l'horizon.


Document prouvant que la patrouille de France est à la solde de Makû.

Se rendant à l'endroit où, d'après Hunter Killer, son père serait retenu prisonnier, Gyaban est attaqué par Den Iga, un garde forestier qui le prend pour un braconnier. Le malentendu dissipé, les deux hommes sympathisent mais Den est grièvement blessé par un Double Monster et emmené sur Bird pour y être soigné.


Si Den Iga n'apparaît que dans l'épisode 42, son interprète, Hiroshi Watari, était déjà la doublure de Kenji Ôba (Gyaban) dans la série.


Les spectateurs les plus attentifs peuvent d'ailleurs le reconnaître dans la scène de l'épisode 41 où Gyaban affronte son double.

San Doruba a eu le temps de transférer Voicer dans une autre base mais Gyaban intensifie ses recherches et finit enfin par localiser l'endroit où son père est détenu et à le délivrer. Malheureusement, Voicer meurt peu de temps après, ayant quand même pu revoir une dernière fois son fils et Tsukiko.


Des retrouvailles touchantes ...


... Mais brèves.


Pour ne pas s'être rendu compte, durant toutes les années où Voicer était leur prisonnier, que les plans qu'ils recherchaient étaient tatoués sur sa main, les membres de Makû ne sont vraiment pas vifs.


RIP Voicer.

Furieux que San Doruba ait laissé s'échapper Voicer, Don Horror renie son fils. Sur les conseils de Kiba, il tente d'organiser un combat entre son père et Gyaban dans l'espoir qu'ils s'entretuent mais sa ruse est découverte et Don Horror l'oblige à affronter lui-même Gyaban. Alors que Gyaban est en difficulté et que San Doruba est sur le point de lui porter le coup de grâce, il en est empêché par l'intervention de Sharivan, un policier de l'espace portant une armure rouge.


Haut les mains, le sidekick comique!


Une prise d'otage pour attirer Gyaban dans un guet-apens.


Le pilote automatique du Cyberian serait-il le même que celui de Y a-t-il un pilote dans l'avion?

Gyaban réussit finalement à vaincre San Doruba et Kiba avant de se rendre au Makûjô et d'y terrasser Don Horror, mettant un terme aux méfaits de Makû. De retour sur Terre, Gyaban découvre que Sharivan n'est autre que Den Iga et que ce dernier protégera désormais la Terre, Gyaban ayant été promu au rang de commandant de la patrouille galactique.


Les conflits de génération chez Makû, ça ne rigole pas!


Don Horror a le bras long.


Banzai!


Aïe! Quelqu'un a une aspirine?


Don Horror est grillé dans la profession.

Un épilogue très réussi, donc, qui conclue en beauté les intrigues en cours tout en posant les bases de la série suivante, Uchû keiji Sharivan. L'épisode 43 dans lequel Gyaban n'affronte aucun adversaire mais retrouve enfin son père est sans conteste un des meilleurs moments de la série et pour beaucoup de spectateur de l'époque, la mort de Voicer compte parmi les plus émouvantes, toutes séries confondues.


En route vers de nouvelles aventures ... dans Uchû keiji Sharivan!



BILAN


Concept = 5 / 5
Peu de séries peuvent se venter d'avoir été assez innovantes pour donner naissance à un genre, en l'occurence celui des Metal Heroes (même si des séries plus anciennes comme Kikaider ou Robot Keiji y seront intégrées rétroactivement).



Scénario (Intrigue globale) = 3,5 / 5
L'intrigue fil rouge lié à la recherche de son père par Gyaban est aussi captivante qu'émouvante par sa conclusion tragique mais finalement peu présente dans la série (seulement 6 épisodes lui sont consacrés). On note aussi ici et là quelques soucis de cohérence chronologique (Hunter Killer qui survit plusieurs épisodes dans le vide spatial avant d'être retrouvé, Sharivan dont la guérison et la formation de policier de l'espace ne semblent avoir pris que quelques jours).



Scénario (Episodes) = 4 / 5
Malgré un certain essoufflement dans le dernier tiers, la qualité est au rendez-vous et certains épisodes sont même de petits chefs d'œuvre. (Voir la section épisodes pour plus de détails)



Héros = 5 / 5
Gyaban est un héros charismatique et attachant, motivé à la fois par sa volonté de protéger la Terre et celle de retrouver son père disparu.



Costumes = 4,5 / 5
Si le design de l'armure de Gyaban paraît un peu surchargé comparé à celles de ses successeurs, elle n'en est pas moins iconique.



Armes = 3,5 / 5
À défaut d'être originale (on sent à peine l'influence de Star Wars), la laserblade aura marqué les esprits ... et prouvé que les acteurs ne sont pas toujours soigneux de leur matériel puisqu'elle est remplacée après cinq épisodes par un autre modèle totalement différent pour cause de casse.



Séquences de transformation = 5 / 5
Avec sa chorégraphie et ses explications en voix off pendant qu'elle repasse au ralenti, la transformation de Gyaban est tout simplement culte.



Partenaire(s) = 2,5 / 5
Il faut malheureusement reconnaître que la série souffre d'un certain sexisme qui rejaillit sur les partenaires féminines de Gyaban. Ainsi, Mimi (3,5 / 5) est le plus souvent réduite à une love interest superficielle et un peu nunuche mais est en partie sauvée par sa capacité unique à se transformer en oiseau pour l'espionnage. On ne peut malheureusement pas en dire autant de la sympathique mais transparente Marine (1,9 / 5) et si Tsukiko (2,1 / 5) sait se montrer utile en jouant les espionnes ou les appâts pour piéger Makû, elle est trop souvent réduite à une demoiselle à détresse bonne qu'à s'évanouir et/ou se faire capturer/mettre en danger pour être secourue par Gyaban.



Personnages réguliers = 3,9 / 5
Kom (4,5 / 5) est un supérieur charismatique et on s'attache facilement à l'entourage civil de Gyaban, qu'il s'agisse du burlesque Kojirô (5 / 5) ou de la famille formée par Gôsuke (4 / 5), Wakaba (4 / 5) et Yôichi Fuji (4 / 5). Seul Shigeru Tôyama (2 / 5) est assez effacé au point qu'on en oublierait presque son existence.



Personnages secondaires = 3,7 / 5
Même si certains sont surtout là pour servir de victimes innocentes du jour, la plupart sont bien caractérisés et/ou ont des intrigues personnelles touchantes et on a même parfois droit à d'excellents personnages tragiques comme Monica ou Sakata.



Ennemi(s) récurrent(s) = 3,5 / 5
Don Horror (5 / 5) est un boss iconique à l'aspect original et mémorable. Jouant le rôle du stratège, Hunter Killer (4,5 / 5) est charismatique mais frustrant car on ne le voit jamais affronter Gyaban ou utiliser ses griffes visibles sur les dessins préparatoires et certaines photos promotionnelles. San Doruba (5 / 5) et Kiba (5 / 5) forment un bon duo associant la force brute à la ruse retorse. En revanche, l'espionne Doublegirl (2 / 5) ne sert pas à grand-chose et n'a aucune personnalité malgré un look mémorable, tandis que Horror Girl (0,4 / 5) se limite à un personnage fonction qui active (parfois) la machine à créer des trous noirs quand elle n'est pas juste un élément du décor. Enfin, les Crushers (2,6 / 5) combinent une tenue banale (des blousons de cuir) à des masques qui ne ressemblent à rien.



Monstres de la semaine = 3,1 / 5
Si le charadesigner 増尾 隆之 (Masuota Kayuki) nous offre des monstres mémorables et inventifs dans les deux premiers tiers de la série, sa créativité semble s'essouffler dans les derniers épisodes où ils deviennent de plus en plus génériques et interchangeables. (Voir la section Makû pour plus de détails.)



Casting = 4,8 / 5
L'acteur principal, Kenji Ôba, est un excellent comédien, aussi à l'aise dans les scènes dramatiques que dans celles d'action, et les autres acteurs ne déméritent pas, à l'exception notable d'Aiko Tachibana dont le jeu laisse souvent à désirer.



Combats = 4,7 / 5
Même si on peut reprocher aux combats de toujours suivre le même déroulement, ils n'en sont pas moins d'excellente facture et exploitent parfaitement les possibilités visuelles et créatives offertes par la dimension parallèle où ils se déroulent.



Méchas (Véhicules) = 3,8 / 5
Dolgiran (5 / 5) est un vaisseau spatial à l'aspect unique et iconique et le Cyberian(4 / 5) a un joli design. En revanche, celui de Gyabion(2 / 5) est assez surchargé et le véhicule très peu utilisé à cause du double-emploi avec Dol, au point que sa capacité à se scinder en deux véhicules qu'on voit dans le générique de fin n'apparaît jamais dans la série. Scooper (2,8 / 5) est un peu plus utile malgré son aspect minimaliste. Quant aux véhicules ennemis, le vaisseau-mère (4 / 5) et surtout les navettes de Makû (5 / 5) ont des designs réellement uniques.



Méchas (Robots) = 5 / 5
Le dragon robotique Dol est un mécha unique en son genre et presque un personnage à part entière. Plus polyvalent que ses successeurs de Sharivan et Shaider, il ne se contente pas de recycler les mêmes séquences de destruction de navettes ennemis à chaque épisode et on le voit parfois affronter des monstres géants ou détruire des objets dangereux.



Base(s) d'opération = 5 / 5
Le Makûjô est une base spatiale à l'aspect unique et mémorable et j'aime bien le gimmick de l'avant qui se détache pour devenir un vaisseau-mère.



Effets spéciaux = 4 / 5
Même s'ils ont pris un certain coup de vieux, les effets spéciaux étaient d'une grande qualité pour l'époque.



Musique = 5 / 5
Les musiques créées par 渡辺 宙明 (Watanabe Chûmei) pour la série sont tout simplement cultes.



Génériques = 3,5 / 5
Accompagné de la chanson 宇宙 刑事 ギャバン (Uchû keiji Gyaban) = Policier de l'espace Gyaban par 串田 アキラ (Kushida Akira), le générique de début est à l'image de la série: dynamique et explosif, tout en nous présentant Gyaban et Mimi (remplacée par des stock shots durant la période où elle est absente de la série) ainsi que Dolgiran, Dol et le Cyberian. (3,8 / 5)


Le générique de fin a un thème plus calme et bucolique, 星空 の メッセージ (Hoshizora no message) = Un message du ciel étoilé du même interprète, et alterne entre stock shots de la séries, présentation de Gyabion et quelques images de Gyaban faisant de l'équitation. (3,2 / 5)




NOTE FINALE = 16,6 / 20



Toku-Actrice(s) :