Année : 1982
Studio(s) : Ashi Productions, Yomiko Advertising Inc., TXN Network
Créateur(s) : Shudô Takeshi (首藤 剛志)
Genre(s) : Anime, Magical Girl
Sous-genre : BA hebdomadaire.
Thème(s) : Collection, Contes et légendes, Rêve

Série disponible sur : Amazon, Cdjapan, Yesasia, Zenmarket.
Intermédiaires : Buyee, Celga.

Introduction :

Si au Japon les Magical Girls ont débuté avec Mahô tsukai Sally en 1966, les Français les ont découvertes en 1984 avec Gigi, alias Mahô no princess Minky Momo, deux ans après sa création par Takeshi Shudô au pays du soleil levant; mais même si elle n'était pas la première série du genre, elle l'a repopularisé en lui apportant quelques innovations.


Par le pouvoir de la Magical Girl ancestrale!

Partie 1 - La quête des happytias (Épisodes 1-46)

Fait assez rare avec les séries de l'Archipel, celle-ci ne se déroule pas au Japon, comme le prouvent les volants des véhicules généralement placés à gauche et les noms des personnages qui évoquent plutôt les États-Unis et les pays européens. En fait, comme dans les contes de fées qui sont une des principales thématiques de la série et qui sont toujours très vagues sur l'époque et le lieu où ils se situent, l'action se passe dans une ville indéterminée d'un pays tout aussi indéterminé, simplement connus comme Dokoka no Machi (どこか の 町 = La Ville de Quelque-part) et Dokoka no Koku (どこか の 国 = Le Pays de Quelque-part). Les personnages ont bien du mérite à trouver leur chemin dans des conditions pareilles!


Tout à commencé par une mission simple: apporter un œuf au zoo de la ville.


Une chose en entraînant une autre, ça s'est terminé comme ça.

C'est dans cet endroit introuvable sur Google Map que se trouve Pet House Pet Shop, une animalerie doublée d'une clinique pour animaux tenue par le vétérinaire Robin et son épouse Daisy (Rarement appelés par leurs prénoms, au point qu'il faudra attendre les épisodes 39 et 60 pour les apprendre). À leur grand regret, ils forment un couple sans enfant jusqu'au jour où Minky Momo, une fillette aux cheveux roses (桃色 = Momoiro) s'installe chez eux avec ses animaux de compagnie ... et au lieu de s'interroger sur cette enfant tombée littéralement du ciel, ses nouveaux parents agissent comme si elle avait toujours été là parce que ta gueule, c'est magique.


Dites: grouïk.


Rassurez-moi, je ne suis pas le seul à trouver que Daisy a des faux airs avec la mère de Mafalda?


Elle a de la famille dans la Famille.


Le fait qu'ils fassent lit à part pourrait expliquer leur absence de progéniture.


Coucou, je suis votre nouvelle fille. Je peux squatter chez vous?


- Et pourquoi ce serait pas mon papa à moi aussi?
- Dégage, je l'ai vu la première!

Littéralement, car Momo est en réalité la princesse de Fenarinarsa, un royaume peuplé de personnages issus des contes et légendes qui s'est séparé de la Terre quand les humains ont cessé de croire au merveilleux. Ses vrais parents l'ont donc envoyée sur notre monde pour restaurer les rêves et les espoirs de ses habitants en accomplissant des bonnes actions. À chaque fois que quatre de ces actions sont validées par son pendentif, le Pika-pika Pendant, qui transmet l'information à la couronne du royaume, une pierre précieuse appelée happytia y réapparaît, l'objectif étant de restaurer les 12 joyaux dont la réapparition permettrait à Fenarinarsa de revenir sur Terre.


C'est là qu'on se dit que Momo a de la chance de ressembler d'avantage à sa mère qu'à son père.


Esprit de Kaori Makimura, sors de ce corps.


C'est trop d'émotions, je m'évanouis!

L'ordre et la fréquence d'apparition des gemmes ne sont d'ailleurs pas anodins. Les happytias correspondent en effet aux pierres de naissance, associées chacune à un mois. Momo accomplit donc quatre BA hebdomadaires avant que réapparaisse le joyau correspondant au mois où l'épisode était diffusé. Évidemment, comme certains mois comportent 5 semaines, ses actions ne sont pas toujours validées, que ce soit parce qu'elle n'a pas complètement atteint son objectif, a utilisé des méthodes douteuses pour y parvenir ou n'a fait que réparer une bêtise de ses vrais parents. Inversement, ses BA involontaires sont quand même validées, l'amenant alors à se demander ce qu'elle a bien pu faire pour ça.


Le tout, c'est de ne pas me laisser submerger par les difficultés.

Momo est secondée dans sa mission par trois mascottes dont elle est la seule à comprendre le langage: le chien érudit mais paresseux Sindbook, le singe vantard Mocha et l'oiselle narcissique Pipil. Là encore, le choix de ces animaux ne doit rien au hasard, puisque la série est librement inspirée du célèbre conte japonais de Momotarô (桃太郎 = Le garçon de la pêche) qui narre les exploits d'un enfant né dans une pêche et adopté par un couple sans enfants (check!) avant de partir à l'aventure accompagné d'un chien (check!), d'un singe (check!) et d'un oiseau (check!).


Et au cas où on aurait un doute, un des épisodes s'inspire directement de cette légende.


Le chien savant Sindbook.


Il peut se montrer kawaii.


Mais faut pas trop le chercher, non plus.


Pipil non plus, faut pas la chercher.


Angry Birds begins.


Esprit de Ryô Saeba, sors de ce singe.


Assez de singeries!


Force reste au bon droit, mais l'échauffourée fut rude.

Bien que magicienne issue d'un royaume féerique, Minky Momo vit avec son temps et possède son propre véhicule, Gourmet Poppo, un camping car transformable en hélicoptère, ce qui est tout de même plus spacieux et confortable que le traditionnel balai, en plus de permettre de commercialiser des jouets supplémentaires.


À noter que personne ne s'étonnera jamais de voir une gamine de 12 ans conduire son propre véhicule.


Notez, personne ne s'étonne non plus quand elle s'accoude à un meuble invisible.


Ou quand cette maison ...


... change soudainement d'architecture.

Et puisqu'on parle d'accessoires déclinables en jouets, en bonne Magical Girl, Minky Momo possède des pouvoirs magiques canalisés par son Minky Stick, une baguette en forme de sucre d'orge qu'elle range dans son pendentif. Ses pouvoirs sont cependant très limités sur Terre où trop peu de gens croient en la magie et elle s'en sert surtout pour communiquer avec les animaux et se transformer. Elle est en effet capable, via une incantation farfelue suivie d'une chorégraphie de GRS, de se métamorphoser en une adulte dotée des compétences maximales dans la profession qu'elle souhaite exercer. Cette transformation en adulte, bien pratique pour résoudre les problèmes auxquels elle est confrontée, était alors une véritable nouveauté dans l'univers des Magical Girls et sera reprise par certaines de ses successeuses. Elle marquera également les jeunes spectateurs masculins en faisant apparaître brièvement l'héroïne nue après son passage à l'âge adulte. Les auteurs se seraient-ils inspirés des transformations coquines de Cutie Honey? Toujours est-il que la série devient ainsi une allégorie des enfants qui jouent aux adultes en se rêvant médecin, policier, cowboy ou autres, avec leur imagination pour seule limite.


Le passage à la puberté de Minky Momo ...


... s'accompagne de celui de nombreux jeunes spectateurs.


Regardez-la dans les yeux.


J'ai dit: les yeux!


Quels yeux? (En chœur)




Et si on se transformait nous-aussi?


Non, mauvaise idée.

Car les thèmes de l'imagination et du rêve sont omniprésents dans la série. Un des épisodes voit même l'héroïne s'introduire dans ceux de sa mère adoptive qui y est séquestrée par un ami imaginaire mécontent qu'elle l'ait oublié en grandissant. En outre, plusieurs de ses BA consistent à aider une personne à concrétiser son rêve: elle permet ainsi à l'équipe féminine des Miracles de démontrer que les femmes sont égales aux hommes dans le sport en battant l'équipe masculine des Dokugas, prouve au cosmonaute Bowman que les contes qui l'ont toujours passionné existent réellement sur Fenarinarsa, aide un fantôme à réaliser une promesse qu'il avait faite à une petite fille de son vivant, concrétise de nombreux amours à priori impossibles, etc.


Deux Minky Momo pour le prix d'une.


Elle a plus d'un thermomètre à son arc.


C'est donc ça, les dents de la mer?

Inversement, les malfaiteurs auxquels elle est confrontée peuvent faire une croix sur leurs rêves égoïstes: pas d'héritage pour Johnny, ni d'épouse pour le Pr Horror, et encore moins de trésor pour Wanbull!


Cette image a été sortie de son contexte, monsieur le juge!


Heureusement, Momo veille.


Et la folle poursuite s'engage.


Et il s'en serait tiré si cette Magical Girl ne s'en était pas mêlé.


C'est un plaisir de se faire arrêter par elle.

Mais il y a aussi des cas où elle aide ceux qu'elle croise à découvrir leur vraie nature: la chienne Mary-Jane, complexée par son physique au point de souhaiter devenir humaine, finit par apprécier sa condition canine, le voyou au grand cœur Jimuru et le gentleman cambrioleur Rupin rentrent dans le droit chemin, le champion de tennis Jimmy, à qui le succès est monté à la tête au point de mentir sur son passé et de renier ses amis d'enfance, finit par avoir honte de sa conduite et se réconcilie avec eux.


Tout est bien qui finit bien.

Le concept de la série permet de varier les genres et on alterne entre épisodes sportifs, policiers, fantastiques, western, science-fiction, etc. Avec une mention spéciale pour le double épisode 21-22 qui parodie les films d'espionnage à la James Bond. Le ton aussi varie d'une aventure à l'autre, allant de la comédie pure (Notamment celui rocambolesque où Momo, prise pour une policière expérimentée par une collègue novice, contribue involontairement à l'arrestation de nombreux malfaiteurs) à des thèmes plus sombres comme celui du deuil.


Mon nom est Mo, Minkymo Mo.


Le genre horrifique n'est pas oublié avec un épisode rendant hommage aux monstres classiques du cinéma d'horreur.


On a même droit à un épisode sur le thème des Super Robots.


Ce qui vaudra à Momo d'apparaître dans le jeu vidéo Super Robot Wars X-Ω.


Aujourd'hui, c'est un épisode policier.


Je veux en être!


Zut, nous nous sommes faites eues.


Et nous donc.

Et dans le genre sombre, les épisodes 45 et 46 placent la barre haut! En l'espace d'un épisode, alors qu'il ne lui manquait plus qu'une happytia pour réussir sa mission, Momo perd Gourmet Poppo, qui disparaît faute d'énergie ...


Ciel!

... et ses pouvoirs quand son pendentif est détruit par un bandit.


Double ciel!

Il reste cependant un espoir de ramener Fenarinarsa sur Terre, puisque Momo, une fois adulte devrait avoir les pouvoirs nécessaires pour y parvenir. Malheureusement, comme elle vieillit moins vite que les humains, il lui faudra attendre un bon millénaire.


Quintuple ciel!

Avec un cliffhanger pareil, c'est évidemment en masse que les jeunes spectateurs se sont précipités devant l'épisode suivant pour voir comment leur héroïne allait résoudre cette situation. Et bien, pour ce qui est de voir, ils ont vu! Après un premier acte où Momo tente de s'habituer à sa nouvelle existence de fillette ordinaire ... elle meurt écrasée par un camion de jouet! Une pique des auteurs envers Popy, la compagnie qui produisait les jouets dérivés et qui avait brusquement décidé de ne plus contribuer au financement de la série.


Ah, évidemment, sans baguette magique, elle va beaucoup moins vite pour se changer.


Surtout pour les animateurs qui, paravent ou pas, ont soigneusement détaillé chaque étape de son habillage. (Remerciements à l'amie japonaise qui m'a offert l'artbook dont est extrait cette image)


Dis: camion.


Camion?


Sprotch!

Or, quelques épisodes plus tôt, on avait évoqué la possibilité que ses parents terriens allaient bientôt avoir une autre enfant. Momo se réincarne donc dans leur bébé, réalisant ainsi son propre souhait de devenir leur vraie fille. Et comme elle vieillit désormais au même rythme que les humains, l'épisode se conclue sur la possibilité qu'elle puisse ramener Fenarinarsa sur Terre dans une vingtaine d'années. La série aurait donc dû s'achever sur cet épilogue doux-amer, à la fois optimiste et pessimiste, où Momo échouait dans sa mission tout en conservant l'espoir de la finaliser dans le futur, rêvant dans son berceau du jour où Fenarinarsa reviendrait sur Terre. Une fin finalement raccord avec le thème onirique de la série.


Le roi de Fenarinarsa se fait beau pour son retour sur Terre.

L'impression que ce double épisode devait être le dernier est d'ailleurs renforcé par une scène finale où la plupart des personnages rencontrés dans la série se réunissent pour chanter le générique en chœur, tels les acteurs d'une pièce se réunissant pour saluer les spectateurs à la fin de la représentation. Et pourtant, après deux épisodes clip show censés achever de conclure la série en la résumant, les auteurs ont enchaîné sur 15 épisodes supplémentaires, un mystère et un ennemi récurrent.



Dites, c'est moi qui ne suis pas du tout physionomiste, ou est-ce que Chako apparaît en double exemplaire dans la chorale?


That's all, folks.


Ou pas.

Partie 2 - Minky Momo contre Cauchemar (Épisodes 49-63)

Les prolongations débutent quand, à Fenarinarsa, les vrais parents de Minky Momo découvrent des joyaux qui, une fois placés dans l'emplacement vacant de leur couronne deviennent des disques laser sur lesquels sont gravées les aventures d'une enfant identique à leur fille malgré quelques différences au niveau de la tenue, du pendentif et de la baguette magique. La question que se poseront le couple royal et le spectateur avant d'avoir l'explication dans le dernier épisode est donc de savoir qui est cette deuxième Momo et dans quel monde se déroulent ses aventures.


Place à la Momo new look.

Mais attendez une minute, me demandez-vous, le Japon est tellement en avance sur son temps qu'il avait prédit les DVD et les blu-ray avec près de 20 ans d'avance? Hé bien, oui et non, car un ancêtre de ces supports avait été créé en 1976 et commercialisé dès 1978 en Amérique du Nord puis au Japon. Malgré une qualité de son et d'image supérieures à celles du magnétoscope, il peinera à s'imposer à cause de son prix élevé et de sa faible capacité de stockage (30 à 45 minutes par face!) et malgré un essor au début des années 90, il sera vite remplacé par le DVD, plus petit, pratique et performant. Les créateurs de la série n'ont donc fait qu'anticiper l'évolution d'une technologie alors relativement nouvelle.


Et maintenant que la série est dispo en DVD et en blu-ray, on peut dire que la boucle est bouclée.

Pour en revenir à cette nouvelle Minky Momo, la plus grosse différence avec la précédente est l'adjonction d'une quatrième mascotte, Kajira, un petit dragon apparemment incapable de dire autre chose que son nom et doté d'un appétit aussi immense qu'incontrôlable qui le pousse à dévorer tout ce qui lui tombe sous les crocs avec pour résultat de placer nos héros dans des situations embarrassantes, voire dangereuses. Bref, Kajira, c'est le résultat de l'union improbable et contre-nature de Jar-Jar Binks avec un Pokémon (Future autre création de Takeshi Shudô, ceci expliquant cela) et malgré de très rares fois où il arrive à se rendre utile, il est parfaitement insupportable! Les auteurs tenteront de justifier son existence en révélant ses origines et sa véritable nature dans l'épisode final, mais ça ne fera qu'ajouter des incohérences: pourquoi a-t-il caché à Momo qu'il pouvait parler et si sa mission était de la protéger, pourquoi a-t-il passé le plus clair de son temps à la gêner dans ses actions?


Il tapait déjà l'incruste dans les deux épisodes clip show précédant son arrivée officielle dans l'histoire.


Au secours! Un vilain bonhomme m'enlève!


Taïaut!


Une des rares fois où Kajira sert à quelque chose.

Même si la quête des happytias n'est plus d'actualité, cette deuxième partie possède quand même un fil conducteur grâce à deux nouveaux personnages semi-récurrents. La première est Devil Queen, une parodie de la méchante reine de Blanche Neige qui, contrairement à son modèle, réussit à éliminer sa rivale avant d'être destituée par Minky Momo qui a repris l'identité de sa victime. Pourtant, quand la dictatrice déchue réapparaît quelques épisodes plus tard, ce n'est pas pour se venger mais pour tirer un trait sur son passé malfaisant. Momo devient alors son amie et l'aide dans sa quête de rédemption.


La méchante reine sort l'artillerie lourde.


Mangez des pommes.


Il n'y a que quatre nains pour cause de compression de personnel.

Aucune ambivalence en revanche avec le personnage de Cauchemar, entité maléfique incarnant le désespoir et voulant pousser Momo à renoncer à sa mission en la convaincant de l'inutilité de ses actions. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'y va pas avec le dos de la cuillère en contribuant aux épisodes les plus sombres de la série, que ce soit quand il confronte l'héroïne à l'inéluctabilité de la mort, monte des villageois contre une fillette accusée de sorcellerie à cause de ses pouvoirs psychiques ou réduit à néant les efforts de Devil Queen pour se racheter.


Mwahahahahaha!

Mais c'est dans le double épisode final que Cauchemar donne toute sa démesure en prenant le contrôle des animaux du Pet House Pet Shop pour qu'ils attaquent la fillette, et en pétrifiant ses parents et tous ceux qui tente de l'aider avant de lui montrer un monde ravagé par la guerre et l'injustice où toutes ses bonnes actions n'auront finalement servi à rien. Fort heureusement, Momo arrivera à se reprendre et à détruire l'entité avec l'aide de ses mascottes transformées en guerriers humains.


Heu ... On est toujours dans un dessin animé pour enfants, là?


Parce que je commence à avoir des doutes légitimes, moi.


Regardez cette image en écoutant Dream Warriors de Dokken.


C'est la lutte finale!

Le dernier épisode nous révèle également que toute cette deuxième partie était en réalité des rêves de la réincarnation de Momo, ce qui est une nouvelle fois en adéquation parfaite avec le thème de la série. Certains parmi vous objecteront peut-être que puisque Cauchemar n'était pas réel, il n'a jamais représenté un véritable danger pour elle. Sauf qu'on peut très bien le considérer comme une entité réelle qui, tel un précurseur nuageux de Freddy Krueger, se serait introduit dans les rêves de la princesse magicienne afin de la briser psychologiquement à un âge où elle est le plus vulnérable. Le cauchemar n'est-il pas après tout l'antithèse des rêves incarnées par notre héroïne et donc son pire ennemi?


Faites de beaux rêves!

Et si avec son twist final, la série se sera amusée à brouiller la frontière entre réel et imaginaire dans sa propre diégèse, ce sera aussi le cas dans la réalité. En effet, le jour de la diffusion de l'épisode de la mort de Minky Momo, lequel était initialement prévu pour être le dernier de la série, le Japon fut touché par quatre séismes. Et rebelote lors de la diffusion de la vraie conclusion avec cinq tremblements de terre et un lourd bilan humain. Ces tragédies IRL et la mort de l'héroïne dans sa propre série, couplées à d'autres drames sur lesquels je reviendrai quand j'aborderai la seconde série, donnèrent naissance à la légende d'une malédiction liée à Minky Momo.


Tout ça sent le soufre.

Aux États-Unis, la série fut adaptée par la compagnie Harmony Gold et rebaptisée Gigi, surnom de l'actrice et productrice Jehan Agrama qui doublait le personnage, mais elle fit un flop. Cela ne l'empêcha pas d'être adaptée dans d'autres pays, et comme ces adaptations étaient basés sur la version américaine, le titre Gigi fut conservé à l'international, notamment en France où elle arriva sur TF1 le 11 avril 1984 dans Vitamine, l'émission qui donne bonne mine, et devint rapidement culte. Ceci-dit, il faut avouer que malgré la qualité du doublage, la traduction était parfois fantaisiste, transformant par exemple un usurier en commissaire de police ou supprimant toute allusion à un conflit mondial pourtant évident sur les images. Il est néanmoins difficile de savoir si cela vient de la VF où si c'était déjà le cas dans la version US.


Le pompon reste cette princesse des dinosaures qui devient le maître des dragons dans la version US. N'ayant pas vu ses apparitions en VF, j'ignore si elle y a conservé ce changement de genre et de titre.

Films et épisodes spéciaux

Deux ans après la fin de la série, Minky Momo reviendra dans Yume no Naka no Ronde (夢 の 中 の 輪舞) = La Ronde dans le Rêve, un OVA dont l'action se situe vers la fin de la première partie. Partie à la recherche de ses parents disparus lors d'un voyage en avion, elle les retrouve au Pays des Enfants, un monde semblable à Fenarinarsa que son dirigeant Peter a peuplé en enlevant des enfants et des adultes qu'il a rajeunis car il est convaincu qu'on perd la capacité de rêver en devenant adulte, aboutissant à un débat philosophique avec notre héroïne qui est convaincue du contraire (d'autant plus qu'elle conserve sa personnalité d'enfant quand elle se change en adulte). Leurs opinions différentes ne les empêchent cependant pas de devenir amis.


Même s'ils sont à couteaux tirés au début.

Et ce sont justement l'égoïsme et la cupidité des adultes qui mettront fin au rêve de Peter quand criminels et puissances étrangères attaqueront son pays pour s'emparer de sa source d'énergie. Il parviendra à repousser les assaillants avec l'aide de Momo, mais rendra leur liberté et leur âge véritable à ses sujets avant de quitter la Terre pour recréer son royaume sur une autre planète.


- Chef, des robots démontent notre bombardier en plein vol, qu'est-ce qu'on fait?
- Ignorons-les, ils vont bien finir par se lasser.

Clairement inspiré de Peter Pan, cet OVA est une réussite, autant pour son scénario qui oppose l'innocence et les rêves des enfants à l'égoïsme et au matérialisme des adultes (Au point que les assaillants rajeunis renoncent aussitôt à leur objectif pour rejoindre le Pays des Enfants) que pour la beauté de ses graphismes et la qualité de son animation. Les auteurs s'amusent également à ramener le plus de personnages secondaires possible, soit dans des rôles actifs, soit parmi les spectateurs d'un concert improvisé par Minky Momo dans la scène d'introduction. Et même si Kajira et Devil Queen ne peuvent apparaître pour raisons évidentes, l'OVA y fait quand même référence avec un animateur déguisé et une sosie politicienne, tous deux incarnés vocalement par les mêmes acteurs que les originaux.


Kajira n'a pas pu venir. Alors, je le remplace.


Devil Queen n'a pas pu venir. Alors, je la remplace.


Par contre, on se serait volontiers passé des stéréotypes racistes.

La sortie de cet OVA coïncidant avec celle d'un autre consacré à Creamy Mami, une Magical Girl d'un studio concurrent clairement inspirée de Minky Momo, les deux eurent droit à une bande annonce commune sous la forme d'un crossover humoristique jouant sur leur rivalité extradiégétique et montrant les deux héroïnes transformées en géantes qui s'affrontent en ravageant la ville au passage.


First, they meet.


Then, they meet and they fight.


Bon, qui est le con qui a confié ce crossover à Zack Snyder?

Enfin, en 1987, sortira un deuxième OVA compilant les chansons de la série illustrées par des extraits des épisodes, mais aussi un morceau inédit, Hitomi no Seiza (瞳 の 星座) = La Constellation de l'Œil, accompagné d'un clip se déroulant dans un futur où Minky Momo, désormais adulte, utilise une fusée pour rejoindre sa forme juvénile sur une planète onirique, histoire de montrer que même adulte, elle n'a pas renoncé à ses rêves d'enfant.


Deux Minky Momo pour le prix d'une. (Bis)


Sur ce, moi, je vais me coucher.


Moi itou.

Bilan :

Concept = 5 / 5
La série arriver à renouveler et à relancer le genre des Magical Girls tout en exploitant parfaitement le double thème des rêves et des contes, tous deux liés à l'imagination, laquelle ne fait clairement pas défaut aux auteurs.


Histoire = 4,5 / 5
La première partie est la plus réussie avec une quête qui suit une progression régulière et un effort de continuité avec des personnages apparaissant dans plusieurs épisodes, avant de surprendre le spectateur par sa conclusion ambiguë. Quant à la deuxième, bien qu'un peu gâché par l'insupportable Kajira, elle maintient l'attention avec le mystère sur l'identité de cette deuxième Minky Momo et son côté feuilletonnant qui nous fait suivre la rédemption de Devil Queen et la menace croissante de Cauchemar avant l'apothéose de la bataille finale opposant l'entité aux protagonistes transformés par leur propre imagination.


Épisodes ≈ 3,9 / 5
La série comporte 63 épisodes de 24 minutes qui varient agréablement les genres et sont d'une qualité constante, avec très peu de demi-ratages. Certains s'amusent même à tromper les attentes des spectateurs avec des personnages apparemment mauvais mais en réalité bien intentionnés (Veryrich, Ray et Zena) et d'autres qui se révèlent être les véritables méchants de l'épisode derrière leur attitude faussement amicale (Owen). On se serait cependant passé des deux épisodes clip show qui font au moins l'effort d'avoir un récit cadre avec le roi de Fenarinarsa qui présente et commente les extraits tout en étant régulièrement victime des bêtises de Kajira qui y fait sa première apparition (Ça aussi, on s'en serait volontiers passé). (Voir la section Épisodes pour plus de détails. Les moyennes sont arrondies à la décimale la plus proche.)


Héroïne = 4 / 5
Le courage, la gentillesse et la naïveté de Minky Momo séduisent immédiatement le spectateur et on est toujours curieux de savoir quelle transformation elle va utiliser pour résoudre les problèmes du jour.


Morpheur(s) = 3,5 / 5
Avec sa forme de sucre d'orge, le Minky Stick a un aspect original qui manque à son successeur, le Minky Momo Stick, malgré son design plus élaboré.


Transformation(s) = 3,5 / 5
La première transformation aura marqué les spectateurs pour son passage déshabillé mais on ne peut nier qu'elle a aussi une jolie chorégraphie où Momo utilise sa baguette comme un ruban de GRS. Plus pudique, celle de la deuxième partie est malheureusement nettement moins élaborée et souffre de la comparaison.


Mascotte(s) = 2 / 5
Des compagnons de Minky Momo, Sindbook est celui qui se démarque le plus de par sa personnalité et son utilité, puisque c'est lui qui conseille l'héroïne sur ses transformations, tandis que Mocha et Pipil sont très stéréotypés. Quant à Kajira, malgré les efforts du dernier épisode pour justifier sa présence, il est insupportable et donne l'impression constante de s'incruster dans une série où il n'a pas sa place.


Personnage(s) régulier(s) = 3 / 5
Le roi et la reine de Fenarinarsa ont pour particularité d'être dans la même situation que le spectateur puisqu'ils suivent les aventures de leur fille par écran interposé et peuvent ainsi être au courant d'éléments que celle-ci ignore, tout en apportant aux vrais spectateurs des explications et informations via leurs commentaires. Le roi est le seul des deux à parfois jouer un rôle actif dans les histoires mais son côté exubérant et hyperactif le rend vite saoulant. Quant aux parents terriens de Minky Momo, ils sont attachants mais inégaux dans leurs traitements: Daisy a droit aux meilleures scènes et épisodes centrées sur elle tandis que Robin est nettement moins présent du fait de ses absences répétées pour raisons professionnelles.


Personnages secondaires = 3,6 / 5
Au cours de ses aventures, Minky Momo croise de nombreux personnages dont elle résout les problèmes et/ou qu'elle aide à devenir meilleurs; même si dans le deuxième cas, ça ne marche pas toujours puisque Tam Tam, Bottom, Angel ou Peach Boy ne semblent tirer aucune leçon de leurs mésaventures.


Ennemi(s) récurrent(s) = 3 / 5
Malgré son design pas terrible, Cauchemar possède des pouvoirs redoutables (Même si sa capacité à neutraliser la magie de Minky Momo dépend de l'humeur des scénaristes) et est la parfaite antithèse de notre héroïne qui représente les rêves et l'espoir tandis que lui incarne les cauchemars et le désespoir.


Autres ennemis ≈ 2,3 / 5
Les malfaiteurs ambivalents qui trouvent la rédemption grâce à Minky Momo (Devil Queen, Rupin, Jim, Peter-tan) sont évidemment les adversaires les plus réussis; mais si parmi les autres, certains sont amusants (Les ravisseurs malchanceux Debu et Noppo, le voleur de voiture amoureux de l'héroïne, Uranus dont les problèmes dentaires contrarient les projets de conquête mondiale), la plupart sont des criminels génériques au point que certains n'ont même pas de nom. (Voir la section Antagonistes pour plus de détails. Les moyennes sont arrondies à la décimale la plus proche.)


Véhicule(s) = 3,5 / 5
En plus d'avoir un visuel à la fois simple et élégant, Gourmet Poppo repose sur un bon concept (Un camping car transformable en hélicoptère) et est très polyvalent, utilisant sa forme voiture pour les courts trajets, celle d'hélicoptère pour les longues distances et pour les voyages internationaux et pouvant même se déplacer d'une dimension à l'autre en plus de sa capacité à se changer en un autre véhicule si besoin. En outre, sa caravane en fait une véritable base mobile pour Minky Momo et ses compagnons.


Décor(s) récurrent(s) = 4 / 5
Un bel effort de créativité pour le palais de Fenarinarsa et son mélange de magie et de technologie, et une architecture immédiatement reconnaissable pour le Pet House Pet Shop et son enseigne dont les illustrations changent selon qu'il est ouvert ou fermé.


Dessins & animation = 3,5 / 5
Les graphismes n'ont pas très bien vieilli et sont assez irréguliers avec des erreurs de continuité et des écarts de style notables d'un personnage à l'autre, mais l'animation est d'une grande qualité et nous vaut quelques morceaux de bravoure comme le combat final contre Cauchemar.


Musique = 4 / 5
On a droit à de très bonnes musiques d'ambiance signées Takada Hiroshi (高田 弘).


Générique(s) ≈ 3,9 / 5
Les génériques sont interprétés par Mami Koyama qui prête également sa voix au personnage principal et ils illustrent bien les thèmes et la formule de la série. Dommage que l'insupportable Kajira vienne s'incruster dans ceux de la deuxième partie de manière encore plus forcée que dans les épisodes eux-mêmes. (Voir la section Génériques pour plus de détails. Les moyennes sont arrondies à la décimale la plus proche.)


Note finale = 14,3 / 20
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