Année : 1982
Studio(s) : Ashi Productions, Yomiko Advertising Inc., TXN Network Créateur(s) : Shudô Takeshi (首藤 剛志) Genre(s) : Anime, Magical Girl Sous-genre : BA hebdomadaire. Thème(s) : Collection, Contes et légendes, Rêve Série disponible sur : Amazon, Cdjapan, Yesasia, Zenmarket. Intermédiaires : Buyee, Celga. |
| Introduction : |
Si au Japon les Magical Girls ont débuté avec Mahô tsukai Sally en 1966, les Français les ont découvertes en 1984 avec Gigi, alias Mahô no princess Minky Momo, deux ans après sa création par Takeshi Shudô au pays du soleil levant; mais même si elle n'était pas la première série du genre, elle l'a repopularisé en lui apportant quelques innovations.
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| Partie 1 - La quête des happytias (Épisodes 1-46) |
Fait assez rare avec les séries de l'Archipel, celle-ci ne se déroule pas au Japon, comme le prouvent les volants des véhicules généralement placés à gauche et les noms des personnages qui évoquent plutôt les États-Unis et les pays européens. En fait, comme dans les contes de fées qui sont une des principales thématiques de la série et qui sont toujours très vagues sur l'époque et le lieu où ils se situent, l'action se passe dans une ville indéterminée d'un pays tout aussi indéterminé, simplement connus comme Dokoka no Machi (どこか の 町 = La Ville de Quelque-part) et Dokoka no Koku (どこか の 国 = Le Pays de Quelque-part). Les personnages ont bien du mérite à trouver leur chemin dans des conditions pareilles!
Momo est secondée dans sa mission par trois mascottes dont elle est la seule à comprendre le langage: le chien érudit mais paresseux Sindbook, le singe vantard Mocha et l'oiselle narcissique Pipil. Là encore, le choix de ces animaux ne doit rien au hasard, puisque la série est librement inspirée du célèbre conte japonais de Momotarô (桃太郎 = Le garçon de la pêche) qui narre les exploits d'un enfant né dans une pêche et adopté par un couple sans enfants (check!) avant de partir à l'aventure accompagné d'un chien (check!), d'un singe (check!) et d'un oiseau (check!).
Le concept de la série permet de varier les genres et on alterne entre épisodes sportifs, policiers, fantastiques, western, science-fiction, etc. Avec une mention spéciale pour le double épisode 21-22 qui parodie les films d'espionnage à la James Bond. Le ton aussi varie d'une aventure à l'autre, allant de la comédie pure (Notamment celui rocambolesque où Momo, prise pour une policière expérimentée par une collègue novice, contribue involontairement à l'arrestation de nombreux malfaiteurs) à des thèmes plus sombres comme celui du deuil.
... et ses pouvoirs quand son pendentif est détruit par un bandit. Il reste cependant un espoir de ramener Fenarinarsa sur Terre, puisque Momo, une fois adulte devrait avoir les pouvoirs nécessaires pour y parvenir. Malheureusement, comme elle vieillit moins vite que les humains, il lui faudra attendre un bon millénaire. Avec un cliffhanger pareil, c'est évidemment en masse que les jeunes spectateurs se sont précipités devant l'épisode suivant pour voir comment leur héroïne allait résoudre cette situation. Et bien, pour ce qui est de voir, ils ont vu! Après un premier acte où Momo tente de s'habituer à sa nouvelle existence de fillette ordinaire ... elle meurt écrasée par un camion de jouet! Une pique des auteurs envers Popy, la compagnie qui produisait les jouets dérivés et qui avait brusquement décidé de ne plus contribuer au financement de la série.
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| Partie 2 - Minky Momo contre Cauchemar (Épisodes 49-63) |
Les prolongations débutent quand, à Fenarinarsa, les vrais parents de Minky Momo découvrent des joyaux qui, une fois placés dans l'emplacement vacant de leur couronne deviennent des disques laser sur lesquels sont gravées les aventures d'une enfant identique à leur fille malgré quelques différences au niveau de la tenue, du pendentif et de la baguette magique. La question que se poseront le couple royal et le spectateur avant d'avoir l'explication dans le dernier épisode est donc de savoir qui est cette deuxième Momo et dans quel monde se déroulent ses aventures.
Pour en revenir à cette nouvelle Minky Momo, la plus grosse différence avec la précédente est l'adjonction d'une quatrième mascotte, Kajira, un petit dragon apparemment incapable de dire autre chose que son nom et doté d'un appétit aussi immense qu'incontrôlable qui le pousse à dévorer tout ce qui lui tombe sous les crocs avec pour résultat de placer nos héros dans des situations embarrassantes, voire dangereuses. Bref, Kajira, c'est le résultat de l'union improbable et contre-nature de Jar-Jar Binks avec un Pokémon (Future autre création de Takeshi Shudô, ceci expliquant cela) et malgré de très rares fois où il arrive à se rendre utile, il est parfaitement insupportable! Les auteurs tenteront de justifier son existence en révélant ses origines et sa véritable nature dans l'épisode final, mais ça ne fera qu'ajouter des incohérences: pourquoi a-t-il caché à Momo qu'il pouvait parler et si sa mission était de la protéger, pourquoi a-t-il passé le plus clair de son temps à la gêner dans ses actions?
Mais c'est dans le double épisode final que Cauchemar donne toute sa démesure en prenant le contrôle des animaux du Pet House Pet Shop pour qu'ils attaquent la fillette, et en pétrifiant ses parents et tous ceux qui tente de l'aider avant de lui montrer un monde ravagé par la guerre et l'injustice où toutes ses bonnes actions n'auront finalement servi à rien. Fort heureusement, Momo arrivera à se reprendre et à détruire l'entité avec l'aide de ses mascottes transformées en guerriers humains.
Et si avec son twist final, la série se sera amusée à brouiller la frontière entre réel et imaginaire dans sa propre diégèse, ce sera aussi le cas dans la réalité. En effet, le jour de la diffusion de l'épisode de la mort de Minky Momo, lequel était initialement prévu pour être le dernier de la série, le Japon fut touché par quatre séismes. Et rebelote lors de la diffusion de la vraie conclusion avec cinq tremblements de terre et un lourd bilan humain. Ces tragédies IRL et la mort de l'héroïne dans sa propre série, couplées à d'autres drames sur lesquels je reviendrai quand j'aborderai la seconde série, donnèrent naissance à la légende d'une malédiction liée à Minky Momo. Aux États-Unis, la série fut adaptée par la compagnie Harmony Gold et rebaptisée Gigi, surnom de l'actrice et productrice Jehan Agrama qui doublait le personnage, mais elle fit un flop. Cela ne l'empêcha pas d'être adaptée dans d'autres pays, et comme ces adaptations étaient basés sur la version américaine, le titre Gigi fut conservé à l'international, notamment en France où elle arriva sur TF1 le 11 avril 1984 dans Vitamine, l'émission qui donne bonne mine, et devint rapidement culte. Ceci-dit, il faut avouer que malgré la qualité du doublage, la traduction était parfois fantaisiste, transformant par exemple un usurier en commissaire de police ou supprimant toute allusion à un conflit mondial pourtant évident sur les images. Il est néanmoins difficile de savoir si cela vient de la VF où si c'était déjà le cas dans la version US. |
| Films et épisodes spéciaux |
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Deux ans après la fin de la série, Minky Momo reviendra dans Yume no Naka no Ronde (夢 の 中 の 輪舞) = La Ronde dans le Rêve, un OVA dont l'action se situe vers la fin de la première partie. Partie à la recherche de ses parents disparus lors d'un voyage en avion, elle les retrouve au Pays des Enfants, un monde semblable à Fenarinarsa que son dirigeant Peter a peuplé en enlevant des enfants et des adultes qu'il a rajeunis car il est convaincu qu'on perd la capacité de rêver en devenant adulte, aboutissant à un débat philosophique avec notre héroïne qui est convaincue du contraire (d'autant plus qu'elle conserve sa personnalité d'enfant quand elle se change en adulte). Leurs opinions différentes ne les empêchent cependant pas de devenir amis.
Et ce sont justement l'égoïsme et la cupidité des adultes qui mettront fin au rêve de Peter quand criminels et puissances étrangères attaqueront son pays pour s'emparer de sa source d'énergie. Il parviendra à repousser les assaillants avec l'aide de Momo, mais rendra leur liberté et leur âge véritable à ses sujets avant de quitter la Terre pour recréer son royaume sur une autre planète.
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| Bilan : |
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Concept = 5 / 5
La série arriver à renouveler et à relancer le genre des Magical Girls tout en exploitant parfaitement le double thème des rêves et des contes, tous deux liés à l'imagination, laquelle ne fait clairement pas défaut aux auteurs.
Histoire = 4,5 / 5 La première partie est la plus réussie avec une quête qui suit une progression régulière et un effort de continuité avec des personnages apparaissant dans plusieurs épisodes, avant de surprendre le spectateur par sa conclusion ambiguë. Quant à la deuxième, bien qu'un peu gâché par l'insupportable Kajira, elle maintient l'attention avec le mystère sur l'identité de cette deuxième Minky Momo et son côté feuilletonnant qui nous fait suivre la rédemption de Devil Queen et la menace croissante de Cauchemar avant l'apothéose de la bataille finale opposant l'entité aux protagonistes transformés par leur propre imagination.
Épisodes ≈ 3,9 / 5 La série comporte 63 épisodes de 24 minutes qui varient agréablement les genres et sont d'une qualité constante, avec très peu de demi-ratages. Certains s'amusent même à tromper les attentes des spectateurs avec des personnages apparemment mauvais mais en réalité bien intentionnés (Veryrich, Ray et Zena) et d'autres qui se révèlent être les véritables méchants de l'épisode derrière leur attitude faussement amicale (Owen). On se serait cependant passé des deux épisodes clip show qui font au moins l'effort d'avoir un récit cadre avec le roi de Fenarinarsa qui présente et commente les extraits tout en étant régulièrement victime des bêtises de Kajira qui y fait sa première apparition (Ça aussi, on s'en serait volontiers passé). (Voir la section Épisodes pour plus de détails. Les moyennes sont arrondies à la décimale la plus proche.)
Héroïne = 4 / 5 Le courage, la gentillesse et la naïveté de Minky Momo séduisent immédiatement le spectateur et on est toujours curieux de savoir quelle transformation elle va utiliser pour résoudre les problèmes du jour.
Morpheur(s) = 3,5 / 5 Avec sa forme de sucre d'orge, le Minky Stick a un aspect original qui manque à son successeur, le Minky Momo Stick, malgré son design plus élaboré.
Transformation(s) = 3,5 / 5 La première transformation aura marqué les spectateurs pour son passage déshabillé mais on ne peut nier qu'elle a aussi une jolie chorégraphie où Momo utilise sa baguette comme un ruban de GRS. Plus pudique, celle de la deuxième partie est malheureusement nettement moins élaborée et souffre de la comparaison.
Mascotte(s) = 2 / 5 Des compagnons de Minky Momo, Sindbook est celui qui se démarque le plus de par sa personnalité et son utilité, puisque c'est lui qui conseille l'héroïne sur ses transformations, tandis que Mocha et Pipil sont très stéréotypés. Quant à Kajira, malgré les efforts du dernier épisode pour justifier sa présence, il est insupportable et donne l'impression constante de s'incruster dans une série où il n'a pas sa place.
Personnage(s) régulier(s) = 3 / 5 Le roi et la reine de Fenarinarsa ont pour particularité d'être dans la même situation que le spectateur puisqu'ils suivent les aventures de leur fille par écran interposé et peuvent ainsi être au courant d'éléments que celle-ci ignore, tout en apportant aux vrais spectateurs des explications et informations via leurs commentaires. Le roi est le seul des deux à parfois jouer un rôle actif dans les histoires mais son côté exubérant et hyperactif le rend vite saoulant. Quant aux parents terriens de Minky Momo, ils sont attachants mais inégaux dans leurs traitements: Daisy a droit aux meilleures scènes et épisodes centrées sur elle tandis que Robin est nettement moins présent du fait de ses absences répétées pour raisons professionnelles.
Personnages secondaires = 3,6 / 5 Au cours de ses aventures, Minky Momo croise de nombreux personnages dont elle résout les problèmes et/ou qu'elle aide à devenir meilleurs; même si dans le deuxième cas, ça ne marche pas toujours puisque Tam Tam, Bottom, Angel ou Peach Boy ne semblent tirer aucune leçon de leurs mésaventures.
Ennemi(s) récurrent(s) = 3 / 5 Malgré son design pas terrible, Cauchemar possède des pouvoirs redoutables (Même si sa capacité à neutraliser la magie de Minky Momo dépend de l'humeur des scénaristes) et est la parfaite antithèse de notre héroïne qui représente les rêves et l'espoir tandis que lui incarne les cauchemars et le désespoir.
Autres ennemis ≈ 2,3 / 5 Les malfaiteurs ambivalents qui trouvent la rédemption grâce à Minky Momo (Devil Queen, Rupin, Jim, Peter-tan) sont évidemment les adversaires les plus réussis; mais si parmi les autres, certains sont amusants (Les ravisseurs malchanceux Debu et Noppo, le voleur de voiture amoureux de l'héroïne, Uranus dont les problèmes dentaires contrarient les projets de conquête mondiale), la plupart sont des criminels génériques au point que certains n'ont même pas de nom. (Voir la section Antagonistes pour plus de détails. Les moyennes sont arrondies à la décimale la plus proche.)
Véhicule(s) = 3,5 / 5 En plus d'avoir un visuel à la fois simple et élégant, Gourmet Poppo repose sur un bon concept (Un camping car transformable en hélicoptère) et est très polyvalent, utilisant sa forme voiture pour les courts trajets, celle d'hélicoptère pour les longues distances et pour les voyages internationaux et pouvant même se déplacer d'une dimension à l'autre en plus de sa capacité à se changer en un autre véhicule si besoin. En outre, sa caravane en fait une véritable base mobile pour Minky Momo et ses compagnons.
Décor(s) récurrent(s) = 4 / 5 Un bel effort de créativité pour le palais de Fenarinarsa et son mélange de magie et de technologie, et une architecture immédiatement reconnaissable pour le Pet House Pet Shop et son enseigne dont les illustrations changent selon qu'il est ouvert ou fermé.
Dessins & animation = 3,5 / 5 Les graphismes n'ont pas très bien vieilli et sont assez irréguliers avec des erreurs de continuité et des écarts de style notables d'un personnage à l'autre, mais l'animation est d'une grande qualité et nous vaut quelques morceaux de bravoure comme le combat final contre Cauchemar.
Musique = 4 / 5 On a droit à de très bonnes musiques d'ambiance signées Takada Hiroshi (高田 弘).
Générique(s) ≈ 3,9 / 5 Les génériques sont interprétés par Mami Koyama qui prête également sa voix au personnage principal et ils illustrent bien les thèmes et la formule de la série. Dommage que l'insupportable Kajira vienne s'incruster dans ceux de la deuxième partie de manière encore plus forcée que dans les épisodes eux-mêmes. (Voir la section Génériques pour plus de détails. Les moyennes sont arrondies à la décimale la plus proche.)
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| Note finale = 14,3 / 20 |













































































































