Année : 1987
Studio(s) : Ashi Productions, Hanna-Barbera, Studio Sign, Tsuburaya Productions
Créateur(s) : Tsuburaya Noboru (円谷 皐)
Genre(s) : Anime, Kyodai Hero, Ultraman
Sous-genre : Américanisation du produit
Thème(s) : Kaijû

Film disponible sur : Amazon, Cdjapan, Yesasia, Zenmarket.
Intermédiaires : Buyee, Celga.

Après avoir échoué à relancer la franchise Ultraman au Japon avec le décevant Ultraman 80, Tsuburaya Productions tenta d'exporter le plus célèbre des Kyodai Heroes via une série de coproductions internationales, la première étant un dessin-animé réalisé en association avec le célèbre studio américain Hanna-Barbera (Scooby-Doo, vous connaissez?), Ultraman : The Adventure Begins, rebaptisé Ultraman USA au pays du Soleil Levant.


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Cette coproduction met en scène les Flying Angels, un trio de pilotes militaires d'élite constitué du leader Chuck Gavin, de l'élément féminin Beth O'Brien et de Scott Masterson qui est le principal protagoniste. Au cours d'un spectacle aérien, ils entrent en contact avec une étrange lueur qui provoque le crash de leurs appareils, crash dont ils se tirent parfaitement indemnes. Comme ils sont incapables d'expliquer leur survie miraculeuse à leur supérieur, le général Cooper, celui-ci n'a pas d'autre choix que de les suspendre pour la durée de l'enquête.


Ciel, nous sommes stupéfaction!

Le trio est alors contacté par un certain Walter Freeman qui leur explique qu'ils doivent leur survie à l'Ultra Team, trois extraterrestres géants originaires de la planète Altara qui ont fusionné avec eux. Leurs sauveurs s'étant initialement rendus sur Terre pour y traquer les Sorkin Monsters, un quatuor de monstres géants arrivés sur notre planète à dos de météorites après la destruction de leur monde natal, Freeman charge les ex-Flying Angels de s'acquiter de cette mission en tant que membres de l'Ultra Force. Quant à savoir comment un simple jardinier employé par un club de golf peut en savoir autant sur ce qui se passe dans la lointaine nébuleuse M78 dont sont originaires les Altaraens et les Sorkin Monsters ... Ça ne sera jamais expliqué!


Non mais, je t'en pose, des questions, moi? Tu sors!

On n'explique pas non plus comment il finance les moyens considérables dont dispose l'Ultra Force, puisqu'en plus d'une base secrète sous un club de golf et d'une autre à l'intérieur du Mont Rushmore (La construction a du poser de gros soucis niveau discrétion), ils bénéficient de l'aide d'un trio d'assistants robots jouant le rôle de comic reliefs et de Mothership, un vaisseau qui transporte les trois Ultra Jets aux commandes desquels ils affrontent les Sorkin Monsters. Ou plutôt: ils essaient car chaque combat se solde par le crash desdits appareils. Heureusement, les pilotes sont désormais capables de prendre la forme des Altaraens qui occupent leurs corps, une transformation bien plus efficace pour affronter leurs gigantesques adversaires.


Le trio de robots comiques.


C'est plus des pilotes d'élite, c'est des crash test dummies!


Transformation!


Ben? T'es en pantalon, maintenant, Beth?

Ultraman USA reprend donc les principaux ingrédients de la franchise Ultraman (La patrouille scientifique, les protagonistes devant leurs pouvoirs à des extraterrestres géants qui ont fusionné avec eux et en qui ils peuvent se transformer, les combats contre les kaijû), donnant même à ses trois héros des origines semblables à celles du premier Ultraman, tout en y apportant quelques nouveautés puisque cette fois, ce sont tous les membres de la patrouille qui se transforment, ce qui leur permet de combattre aussi bien en solo qu'en équipe. Toutefois, même si les noms officiels de leurs formes géantes sont Ultraman Scott, Ultraman Chuck et Ultrawoman Beth (Ce qui fait d'elle la première à porter ce titre, bien qu'elle ne soit pas la première Kyodai Heroine de la franchise), le nom Ultraman n'est jamais employé dans les dialogues.


Et allez! Comme je suis la seule fille de l'équipe, c'est moi qui ai droit aux tentacules!


C'est bon, nous aussi, on se fait tentaculer. T'es contente, maintenant?

Nos héros ne sont cependant pas tous logés à la même enseigne. Déjà, contrairement à ses équipiers, Chuck possède très peu d'attaques et de pouvoirs offensifs et ses principales capacités sont liés à la défense (génération de champs de force) et à la communication (télépathie). D'ailleurs, durant son "combat" solo, il n'affronte pas le monstre, ayant rapidement compris qu'il était inoffensif, mais le protège contre la Garde Nationale menée par le belliqueux colonel Bodinger.


Les kaijû font du ski.


You magnificent bastard, I read your book!


Colonel, les spectateurs n'arrêtent pas de vous insulter. Qu'est-ce qu'on fait?


On les bombarde!

Ensuite, Chuck et Beth sont très peu développés et on ne sait pratiquement rien de leurs personnalités et backgrounds, contrairement à Scott qui est présenté comme intrépide, frimeur et désinvolte avec un côté dragueur sous-entendu, en plus d'être le seul à avoir droit à un arc narratif à travers sa relation avec Susan Rand, une scientifique surdouée spécialisée dans l'étude des formes de vie extraterrestres. Si celle-ci est au départ furieuse de voir l'Ultra Force éliminer de potentiels sujets d'étude sans même chercher à communiquer avec eux, en plus d'être agacée par l'attitude tête à claques de Scott, leurs rapports s'adoucissent rapidement et ils développent des sentiments réciproques, chacun finissant par comprendre le point de vue de l'autre tandis que les événements donnent raison tantôt à Susan (Zoon se révèle être un kaijû inoffensif à la personnalité infantile dont les dégâts qu'il cause sont uniquement dus à sa maladresse), tantôt à Scott (Susan prend sous sa protection le chétif Wylon qui évolue rapidement en King Myra, le plus cruel et puissant des Sorkin Monsters).


Quand une tête à claques rencontre une femme de tête.


Ce bébé kaijû est trop kawaii!


Oh putain, c'est un Mogwaï!


Et il évolue plus vite qu'un Pokémon!


Heureusement, la relation entre Scott et Susan évolue elle-aussi, et dans le bon sens.

Diffusé à la télévision américaine en 1987 et initialement prévu pour être un pilote de série, Ultraman USA ne rencontra pas le succès et resta sans suite. Il en résulte des défauts qui, s'ils sont excusables dans un épisode d'une série plus vaste, le sont moins dans un film standalone, avec des protagonistes peu développés et des mystères non-résolus (Comment Walter Freeman sait-il autant de choses sur les Altaraens et les Sorkin Monsters? D'où vient la technologie et les fonds de l'Ultra Force? Cooper a-t-il volontairement contribué au recrutement des Flying Angels au sein de l'Ultra Force comme le suggère son expression après les avoir suspendus?). Si le projet de série s'était concrétisée, on peut supposer qu'au fil des épisodes, ces questions auraient trouvé des réponses, que Beth et Chuck auraient été mieux développés et mis en valeur dans des épisodes centrés sur eux, que Susan serait restée une précieuse alliée qui aurait peut-être même fini par rejoindre l'Ultra Force en tant que scientifique de l'équipe, tandis que Bodinger aurait été un personnage récurrent initialement hostile à nos héros avant de devenir progressivement leur allié.


Dire que j'aurais pu rejoindre l'Ultra Force dans la suite et qu'au lieu de ça, je vais devoir continuer à me coltiner ces deux là.

Cet échec est d'autant plus triste que ce film respecte parfaitement l'esprit des séries Ultraman et n'a pas à rougir de la comparaison avec les productions 100% nippones. Il marcha d'ailleurs un peu mieux au Japon où il eut droit à une sortie en salle puis en VHS en 1989, avant d'être édité en laserdisc en 1991. Ce relatif succès permit à des versions live de Scott, Chuck et Beth d'apparaître ensuite dans des spectacles, films et épisodes spéciaux, leur faisant ainsi intégrer la continuité officielle de la franchise. (D'où on peut en déduire qu'Ultraman USA est soumis au même décalage temporel que les séries classiques et se passe donc en 2014)


Maintenant que je suis une vedette, c'est dur de passer inaperçu.

Ultraman USA finira par être réhabilité avec le temps et deviendra un classique, malgré quelques problèmes de droits dus à son statut de coproduction entre deux studios de pays différents, et à l'impossibilité de contacter le scénariste John Eric Seward, dont ce fut le seul travail et qui était probablement un pseudonyme collectif. Par conséquent, le métrage resta longtemps inédit en DVD et en BR, ne sortant sous ce second format qu'à partir de 2018, avec le choix entre la version audio japonaise d'origine et un nouveau doublage américain, l'original étant bloqué pour des questions de droits. Pour la petite histoire, parmi les comédiens qui avaient participé à ce premier doublage, on trouvait Stacy Keach Sr (Le père du célèbre interprète de Mike Hammer) dans le rôle de Walter Freeman et Adrienne Barbeau dans celui de Beth.


Ouaip! J'ai été l'épouse de John Carpenter et le love interest de Swamp Thing. Alors, tu respecte.

Concept = 4 / 5
Ultraman USA transpose les codes d'Ultraman au pays de l'Oncle Sam, tout en innovant en mettant en scène la première véritable équipe d'Ultramen. De quoi regretter que le projet de série ne se soit pas concrétisée et qu'aucune série ultérieure n'ait repris l'idée.


Histoire = 3,5 / 5
En tant que pilote, Ultraman USA est assez efficace, introduisant les personnages principaux et secondaires via une menace qui est résolue à la fin tout en laissant la porte ouverte à de futures aventures; mais en tant que film standalone, il a de gros défauts scénaristiques avec des questions qui restent sans réponses et un seul personnage principal réellement développé.


Héros ≈ 2,9 / 5
Bien qu'un peu tête à claque, Scott Masterson est le seul des trois à avoir un minimum de personnalité et un arc narratif, en plus d'être le mieux mis en valeur dans les combats en raison de son nombre élevé d'attaques. Beth O'Brien n'a rien à lui envier en terme de badassitude, en plus d'avoir le meilleur costume, tandis que Chuck Gavin est le parent pauvre de l'équipe: en plus d'être le dernier à se transformer, il n'a pas de véritable combat en solo, les seules capacités offensives qu'on lui connaît sont celles communes au trio et il se contente le plus souvent de diriger ou de conseiller ses équipiers. Si leurs costumes superhéroïques sont réussis, avec de sympathiques emprunts à ceux d'Ultramen classiques pour les persos masculins, leurs uniformes de patrouilleurs sont beaucoup trop minimalistes. (La moyenne est arrondie à la décimale la plus proche.)


Morpheurs = 0 / 5
L'Ultra Team compte parmi les rares Ultramen à ne pas utiliser de morpheurs et l'absence de cet élément indissociable de la franchise se fait cruellement sentir.


Transformations = 0,5 / 5
Malgré l'effort d'utiliser des séquences de transformations différentes pour chacun des trois héros, elles sont confuses et on ne comprend guère ce qui se passe. Sacrilège ultime: on n'a même pas droit au plan iconique des héros grandissant avec le poing en avant.(Voir la section Transformations pour plus de détails.)


Armes = 3 / 5
L'incontournable ultra-rayon est évidemment présent mais contrairement aux autres patrouilles scientifiques, l'Ultra Force n'utilise aucune arme quand ses membres sont sous leurs formes humaines.


Entourage ≈ 2,9 / 5
Susan Rand est de loin la plus réussie: personnage féminin fort alliant courage et compétences scientifiques à une grande compassion, aidant les héros durant le combat final et ayant un arc narratif commun avec Scott Masterson, les deux s'opposant d'abord sur la méthode à adopter pour gérer les Sorkin Monsters et les kaijû en général (communication et douceur pour la scientifique, affrontement et élimination pour le pilote) avant de comprendre qu'il faut les traiter au cas par cas. Bien qu'ils soient avant tout là pour jouer les comic reliefs, les membres du Robotrio bénéficient de jolis designs et sont utiles en tant qu'assistants. On ne peut pas en dire autant de Walter Freeman, mentor mystérieux dont on ne sait rien et qui a très peu d'interactions avec les autres personnages (Il n'apparaît que dans trois scènes, dont seulement deux en compagnie des héros). (La moyenne est arrondie à la décimale la plus proche.)


Personnages secondaires = 1,4 / 5
On sent qu'ils étaient prévus pour être des persos récurrents d'une série qui aurait permis de les développer mais n'a pas vu le jour et ils sont donc réduits à des personnages fonctions stéréotypés (Bodinger, Philby et Marc Watkins), voir complètement sous-exploités (Cooper).


Monstres ≈ 3,2 / 5
Libérés des limitations des séries live en matière de costumes et d'effets spéciaux, les créatifs se font plaisir avec des monstres aux designs variés et imaginatifs (Dont certains sont signés du GOAT Keita Amemiya) et dont les capacités redoutables posent de réelles difficultés à nos héros. Zoon et King Myra sont cependant les seuls à avoir des personnalités un peu plus élaborées que "gros monstre qui détruit tout sur son passage". (Voir la section Sorkin Monsters pour plus de détails. La moyenne est arrondie à la décimale la plus proche.)


Véhicules ≈ 3,3 / 5
Malgré de jolis designs, les Ultra Jets sont peu efficaces contre les Sorkin Monsters, tandis que Mothership s'en sort un peu mieux. (La moyenne est arrondie à la décimale la plus proche.)


Bases = 3 / 5
Difficile de faire plus "appropriation culturelle" qu'une base secrète dissimulée dans le Mont Rushmore (C'est comme si la patrouille scientifique d'une série Ultraman cachait son quartier général à l'intérieur du Mont Fuji). Même si l'aspect extérieur des deux bases de l'Ultra Force est peu remarquable, les intérieurs ont des designs hi-techs efficaces.


Combats = 4 / 5
Variés dans leur déroulement et riches en suspense. Les auteurs ont eu la bonne idée de donner à chacun des trois héros un combat solo (On regrettera quand même que Chuck n'a pas l'occasion de nous montrer ses capacités offensives lors du sien) avant de leur faire unir leurs forces lors de la bataille finale qui les oppose au plus puissant de leurs adversaires. Public américain oblige, les dialogues prennent la peine de préciser que ces affrontements ne font aucune victime.


Dessins & animation = 3,5 / 5
L'animation est d'une grande fluidité mais les dessins sont irréguliers, au point que les formes géantes de nos héros se retrouvent souvent avec des anatomies bizarres.


Musique = 4 / 5
Kazato Shisuke (風戸 慎介) alias Kawabe Shin (川辺 真) signe des musiques qui renforcent le côté épique et héroïque des scènes d'action.


Note finale = 11,2 / 20
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